Le corps en-jeu et en images : de quoi souffre-t-on ?

Saint-André-lez-Lille

le Jeudi 03 oct 2019

Présentation


"L’idée de cette seconde journée d'étude est de poursuivre les recherches entamées lors du dernier colloque en 2016, et d'approfondir les sujets qui font l'actualité de notre champ professionnel.

 

La question du corps et de ses représentations, nous parait particulièrement refléter les problématiques de nos modes de vie. Ce corps point de jonction entre organisme et psychisme ; aussi bien source de débats religieux, que d’enjeux économiques. Il fait nouage entre le social et le politique, au travers des époques.

 

L’'usage du corps a évolué ; il s’expose et s'impose, le corps est en-jeu et en image. Il semble omniprésent. L’imaginaire, le spéculaire restent les registres privilégiés par lesquels il est possible d’approcher le corps. Les corps n’en finissent pas de se sculpter, de s’exhiber, de s’afficher, et d’être l’objet de différentes formes d’inscriptions.

 

En effet, l’individu semble vouloir réduire son être à son image en tentant de la faire se conformer à des représentations idéalisées, normées, ou au contraire en en faisant l'indice unique d'une quête d'originalité dans un carcan référentiel.

 

A cette dimension nouvelle répondrait un arsenal de solutions : les objets de consommation tels que la mode, la cosmétique, la pharmaceutique. De nouveaux métiers émergent, tels que le conseil en image, les influenceurs … De nouveaux programmes et applications abondent sur nos écrans pour nous aider à parfaire notre image. L’extension de la pratique des tatouages, de la chirurgie esthétique, ne font-ils pas de notre corps un objet parmi d’autres ?

 

L'individu semble partager, avec la science et l'appui des bio-technologies, le fantasme d'un corps sans limites ; qu'il pourrait modifier, augmenter, perfectionner, réparer, voire rendre immortel ou au minimum sans failles. Les avancées de la science prennent-elles en compte la dimension psychique inconsciente du sujet ?

 

Le mouvement transhumaniste nous berce dans l'idée que nous pourrions posséder et contrôler pleinement ce corps, et pourtant il n'a de cesse de nous échapper.

 

Si nous avons un corps, nous ne sommes pas pour autant ce corps. Nul instinct nous indique quoi en faire, ni vers quel but il nous mène, contrairement à ce qui se passe dans le règne animal.

 

Le déni de grossesse, l’hospitalisme, les troubles alimentaires, les diverses formes de somatisation à titre d’exemples, peuvent témoigner que le corps s’inscrit dans une relation tissée avec l'autre.

 

Le langage fait de l'organisme un corps, bien au-delà d’un déterminisme biologique, ou de capacités neurocognitives. C’est dans cet espace entre corps et organisme que se loge notre liberté de sujet désirant.

 

Un corps de chair, érotisé, sublimé, mis à mal, un corps qui, par son usage toujours particulier, singularise le sujet.

 

Alors comment s’ajuster à ces corps nouveaux ? Comment accueillir, dans la clinique, ces corps qui s’agitent, s’abîment, se mutilent, se subliment, s’expriment ? Comment accueillir et soutenir le sujet quand son corps fait solution? De nos jours, l’expérience corporelle semble de plus en plus mobilisée pour véhiculer ce que la psyché seule est dans l’incapacité de traduire. Le corps s’appréhende cependant à partir de ce qu’en dit le patient ; il appartient à un être qui parle et il se dévoile dans ses rapports au langage.

 

Nous espérons que cet argumentaire pourra faire écho à vos pratiques, réflexions et rencontres."

 

Lieu


EPSM Agglomération lilloise

Centre culturel

1 rue de Lommelet

59350 Saint-André-lez-Lille

 

Pour plus de renseignements


EPSM Agglomération lilloise