Syndrome de Diogène

le Conseil local de santé mentale de Lens-Hénin s’engage !

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Le contexte

En 2019, dans le cadre du CLSM de Lens-Hénin, un groupe de travail sur le logement s’interroge sur les modalités d’accompagnement adaptées aux personnes souffrant du syndrome de Diogène. Le comité de pilotage du CLSM autorise alors la mise en place de ce nouveau groupe de travail. La réflexion s’ouvre aux acteurs du territoire et plus de 30 professionnels se mobilisent sur le sujet dès la première rencontre.

 

Des principes d’intervention sont rapidement mis en avant : le respect de la dimension humaine dans tout accompagnement, le partage d’une culture commune sur le sujet, la mise en place de formations complémentaires et une connexion interprofessionnelle relative aux situations complexes.

 

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En pratique

Le comité de pilotage impulse, dès 2019, deux axes clés de travail : l’élaboration d’une fiche d’observation accompagnée d’un arbre décisionnel et la nécessité de former une équipe mobile.

 

Dans cette optique, le comité recense les équipes de professionnels susceptibles d’intervenir, se mobilise sur une recherche de financement et apporte de la précision relative aux modalités de répartition financière. Il est ainsi acté que le CLSM assume ce rôle de coordination du projet et s’appuie sur la qualité du réseau d’intervenants.

A ce jour 16 professionnels de l’association Le Cheval Bleu (dont la coordinatrice du CLSM) et de l’A.P.S.A  ont suivi une formation délivrée par le Crehpsy Hauts-de-France et sont d’ores et déjà en capacité d’intervenir sur les territoires de la CALL et de la CAHC. Cet accompagnement, à destination des locataires, est financé dans le cadre de l’AVDL Logement d’Abord.

Concrètement depuis juin 2021, une structure ou un professionnel repère une situation d’un potentiel syndrome de Diogène.

Il remplit la fiche (transmise sur simple demande) et la transmet à la coordination du CLSM.

La demande est ensuite analysée en lien étroit avec la coordination du Logement d’Abord picto-site. En effet, les coordinations s’assurent d’un potentiel syndrome de Diogène et non d’une situation d’incurie dans le logement, ainsi qu’il n’y a ni danger pour l’intervention de l’équipe, ni pour la personne.

Enfin, la situation est transmise soit à l’équipe mobile du Cheval Bleu, soit à celle de l’A.P.S.A ; cela en fonction du territoire et des problématiques repérées (personne souffrant de troubles psychiques ou personne en grande précarité).

 

Pictogramme Les atouts Pictogramme Les freins

1. Une précision des demandes

2. Une réactivité des intervenants

3. Une expertise professionnelle reconnue

4. Une dimension de proximité et de connaissance du territoire

5. La participation active des tutelles (Sous-préfecture, ARS, DDTM, collectivités territoriales…)

1. Le nombre accru de sollicitations

2. La pérennité du projet à ce stade expérimental

3. L’adaptation financière à l’évolution du projet

4. Une difficulté de trouver la structure qui centralise les fiches

5. Un risque de glissement vers d’autres situations hors champ du syndrome de Diogène

 

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Les perspectives

Actuellement centré sur les locataires du territoire, ce projet devrait s’étendre prochainement aux propriétaires (réflexion en cours en lien avec les communautés d’agglomération). De plus, un bilan annuel permettra de connaitre le nombre d’accompagnement et d’en mesurer l'impact et les effets.

 

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Trois questions à Séverine Lambin, coordinatrice du CLSM

1. Le suivi d’un tel projet vous paraît-il en phase avec vos missions ?

Cela fait partie des missions du coordinateur dans le sens où l’objectif du CLSM est de modifier les politiques locales en matière de santé mentale. Finalement c’est bien ce qui a été réalisé, nous travaillons toujours sur une dimension de bien-être des habitants,  de trouver du bien-être à son domicile, de retrouver du bien-être pour soi-même, de sortir de l’isolement, etc. Donc effectivement, je pense que l’on ne sort pas du cadre des missions du CLSM.

 

2. Avez-vous été étonné par quelques aspects liés à ce projet ?

Ce qui m’a étonné au départ c’est le nombre de professionnels qui étaient intéressés, non pas simplement par la problématique mais par les modalités concrètes de résolution pouvant être mises en place. Les élus et professionnels pouvaient être démunis face à l’absence de solutions concertées, où chacun devait agir avec ses propres outils. Donc oui, une satisfaction qu’on ait pu réellement mettre des choses en place sur le territoire par rapport à cette problématique et puis toujours dans l’idée que les personnes puissent aller mieux ensuite. Les professionnels disent qu’aujourd’hui ils ne se  sentent plus seuls ! C’est aussi la vocation du CLSM : pouvoir orienter, former les professionnels, pouvoir les épauler quand vraiment on est sur des situations complexes, parfois rien que pour être à l’écoute. Parfois je me dis qu’un coordinateur de CLSM c’est un couteau suisse !

 

3. D’autres idées, de nouvelles initiatives en cours ?

Par exemple, le programme BREF qui est destiné aux aidants et que l’on a réussi à mettre en place sur le territoire. C’est une cinquantaine de professionnels et de bénévoles de l’UNAFAM qui ont été formés. C’est un autre domaine, mais basé également sur un constat de manque de réponses sur le territoire. On travaille toujours comme ça : qu’est-ce qu’on a comme problème sur le territoire, comment on peut le résoudre, où sont les chainons manquants ?

 

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Pour en savoir plus

Séverine Lambin

Coordinatrice CLSM Lens-Hénin

Pictogramme 03 21 72 48 92
Pictogramme clsmlenshenin [at] gmail.com

 


CALL : Communauté d’Agglomération de Lens Liévin

CAHC : Communauté d’Agglomération d’Hénin Carvin

AVDL : Accompagnement Vers et Dans le Logement

A.P.S.A : Association Pour la Solidarité Active

 

Publication : 24 août 2021 /  Rédaction : Crehpsy Hauts-de-France