Les villes fabriques de santé ?

Paris

le Vendredi 20 sept 2019

Présentation


On le sait : la santé n’est pas une compétence obligatoire des villes. Pourtant, depuis sa création, l’association « Élus, santé publique & territoires » plaide pour une reconnaissance du rôle des villes et de leurs groupements, en santé. Cet enjeu est même au cœur du projet associatif : ESPT œuvre pour une gouvernance partagée de la santé et la promotion de politiques locales de santé contractualisées avec l’État et les ARS, visant à lutter contre les inégalités sociales et territoriales de santé. Cet engagement des élus locaux est né dans le fil du déploiement des Ateliers Santé Ville (ASV) au début des années 2000, s’appuyant ainsi sur les liens entre politique de la ville et santé. Les Villes sont dans la proximité avec les citoyens et ont une connaissance fine des besoins et des ressources du territoire, en particulier dans les quartiers de la géographie prioritaire. Elles peuvent ainsi concourir à la «fabrique de la santé », avec l’ensemble des acteurs concernés.

 

Ce positionnement d’ESPT repose évidemment sur une appréhension de la santé au sens global telle que définie par l’OMS et sur les connaissances scientifiques acquises en lien avec les déterminants de la santé. La «territorialisation des politiques de santé » fait l’objet d’études, d’évaluations et, de plus en plus, de prises de position favorables à son développement. En particulier, la Ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, évoque aujourd’hui de « nouvelles synergies» entre acteurs, à construire sur les territoires, pour structurer le système de santé de demain. Il reste sans doute à interroger les liens entre recherche et action publique, entre les volontés politiques et les « chemins de faire » possibles et les écarts qui ont pu se développer entre les concepts, les intentions initiales et leurs mises en œuvre.

 

A ce plaidoyer fondateur est venu s’agréger celui de la nécessaire « démocratie en santé » c’est-à-dire la contribution pleine et effective des habitants usagers citoyens aux réflexions, projets, instances relatifs à la santé. ESPT plaide ainsi pour une gouvernance partagée de la santé, y compris avec les citoyens. Il s’agit de «faire avec » eux, en recherchant leur implication à chaque étape. Cette démarche était également au cœur de l’ambition portée par les ASV sur les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). Il reste sans doute aussi à interroger les logiques et les stratégies des autres acteurs en présence, les opportunités réelles, et pas seulement celles souhaitées, des citoyens d’exercer ce pouvoir de « co-construction » des politiques de santé.

 

Alors que l’association « Élus, santé publique & territoires» approche les 15 années d’existence, elle propose, à travers cette journée d’étude, un retour réflexif sur son action et son histoire, qui interroge non seulement ses membres mais au-delà chacun des professionnels concernés et des citoyens. En particulier, pourquoi l’échelon municipal, et plus finement encore celui d’un QPV, est-il pertinent en santé ? De quelles opportunité et légitimité à agir disposent les élus locaux ?

 

La 21ème Journée nationale d’étude de l’association proposera ainsi d’explorer ces questionnements complexes et multidimensionnels. Elle invitera à mettre en perspective les points de vue d’élus locaux, de professionnels, de partenaires institutionnels et associatifs, de chercheurs en sciences sociales, en épidémiologie, en géographie, de citoyens, autour de leur analyse du rôle des collectivités et des élus locaux dans «la fabrique de la santé », de la pertinence des démarches territorialisées en santé et des enjeux de la démocratie en santé.

 

Lieu


Grand Amphi du GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences

108 rue de la Santé

75014 Paris

 

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